La Fondation pour le Renforcement des Capacités en Afrique (ACBF) a organisé, le jeudi 20 novembre 2025 à Lomé, un « atelier de validation du rapport de diagnostic des capacités en matière de suivi et de reporting sur la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) et d’autres initiatives de commerce intra-africain au Togo ».
Cette étude a été conduite dans le cadre du projet « Développement des Capacités pour la Transformation Structurelle de l’Afrique (CADAST) » mis en œuvre en partenariat avec la Banque Africaine de Développement (BAD).
Le CADAST est une initiative stratégique visant à stimuler la croissance économique et le développement durable sur le continent. L’un de ses volets prioritaires consiste à renforcer la capacité institutionnelle des pays dans la mise en œuvre de l’Accord de la ZLECAf en vue de soutenir l’intégration régionale.
A travers cette démarche, l’ ACBF encourage le Togo à intégrer tous les éléments de l’Accord de la ZLECAf afin que la future zone de libre-échange produise tous ses bénéfices pour le pays.
Une étude menée dans cinq pays
L’ACBF a évalué la mise en place de l’accord de zone de libre échange dans cinq pays africains : l’Éthiopie, le Rwanda, l’Ouganda, le Togo et le Zimbabwe. L’étude a analysé les dispositifs institutionnels existants, les cadres de mesure des résultats et les pratiques en matière de suivi et de reporting. Elle a également évalué la disponibilité et la pertinence des ressources humaines et financières allouées à ces actions.
Le travail a mis en évidence des bonnes pratiques reproductibles, et identifié des défis structurels et de capacités nécessitant des interventions ciblées.
L’évaluation a été conçue de manière participative par une équipe conjointe de l’ACBF et des centres CLEAR (Center for Learning on Evaluation and Results), afin d’assurer l’appropriation des résultats par les parties prenantes nationales.
Une diversité d’acteurs a été consultée, sur la base d’une cartographie des structures impliquées dans la mise en œuvre de l’accord de la ZLECAf au niveau national. Ces consultations ont conduit à la production d’une première version du rapport présentant les résultats préliminaires du diagnostic.
Une capacité encore limitée : un score de 47,5/100
Selon le rapport préliminaire, la capacité du Togo en matière de suivi et de reporting demeure limitée, avec un score global de 47,5/100. Des efforts importants ont néanmoins été réalisés, tels que l’élaboration d’une stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf, la création d’un comité technique, et l’ organisation de formations et de séances de sensibilisation à l’endroit des acteurs. Mais plusieurs défis persistent, notamment, un manque de coordination entre les structures, l’insuffisance des ressources humaines et financières , l’absence d’un cadre structuré de mesure des résultats assorti d’indicateurs spécifiques à la ZLECAf.
Un atelier de validation comme exercice de réflexion collective
La présentation des résultats à l’Hôtel 2 Février a fait le point avec les parties prenantes sur le niveau de préparation du pays.
«Cet atelier n’est pas seulement un exercice de validation. C’est une opportunité de réflexion collective sur la manière dont le Togo peut tirer pleinement parti de la ZLECAf, améliorer la collaboration institutionnelle, renforcer les systèmes de données et consolider durablement les capacités nationales», a expliqué Edem Messa-Gavo, responsable principal de la mesure d’impact à l’ACBF.
Les participants ont identifié des pistes pour renforcer les capacités nationales, améliorer les mécanismes de suivi, assurer une meilleure cohérence des stratégies et renforcer la redevabilité dans la mise en œuvre de l’Accord.
« La ZLECAf offre une opportunité de croissance et de création d’emplois. Elle est un important outil d’accélération de la croissance et il est crucial que les pays prennent des mesures essentielles pour que sa mise en œuvre soit effective et efficiente », a-t-il souligné.
Pour l’expert, la réalisation de ses bénéfices dépend de l’existence de systèmes solides de suivi et de reporting, capables de générer des preuves fiables pour orienter les décisions politiques.
Les conclusions de l’atelier devront servir de feuille de route pratique pour bâtir un écosystème de suivi et de reporting cohérent, crédible et résilient.
Un engagement clair du Togo
En ouvrant les travaux, Yakpey Comlan Nomadoli, Secrétaire général du ministère délégué chargé du Commerce, a rappelé l’engagement du Togo.
« Notre pays ne veut pas être un simple participant à la ZLECAf; il doit en être une force motrice et un acteur incontournable au regard de ses atouts », a-t-il affirmé.
Concernant la note obtenue par le Togo, il estime que « ce résultat n’est ni un constat d’échec ni un motif d’autosatisfaction. C’est un point de départ exigeant, un appel à intensifier nos efforts, qui servira de référence pour l’évaluation de nos progrès ».
ACBF : l’agence de l’Union Africaine dédiée au renforcement des capacités
Créée en 1991 par l’OUA (devenue UA), la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique (ACBF) est une agence spécialisée chargée de piloter des projets favorisant un développement humain et institutionnel transformateur. Avec ses 30 ans d’expérience, l’ACBF renforce les institutions et les dirigeants africains en leur fournissant compétences, outils et connaissances pour piloter un développement inclusif, durable et résilient, couvrant notamment la résilience économique, le commerce durable, la sécurité alimentaire et l’excellence en matière de gouvernance.


